Ô, ne plus être!
Jeannine Gérard
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+ Segui

°
Après un automne
plein de douceur,
l'hiver est arrivé
sans prévenir.
Les yeux clos,
la tête posée
sur mes bras repliés
je me sens entrainée
dans un tourbillon
d'angoisse
et plus que jamais,
le sentiment du néant
m’engloutit.
Incapable
de supporter
plus longtemps
le silence
et l'immobilité,
je sors
pour échapper
à l'atmosphère
et aux obsessions
morbides
qui m'obsèdent.
Enveloppée
d'un chaud manteau,
je vais là...
...où s'ouvre
des horizons sans fin,
...où la paix et le silence
sont presque palpables
...où je rêve l'Eden.
Des bouquets d'arbres
d'un vert sombre
paraissent presque noirs
sous le ciel vespéral.
Sans que j'en aie vu
passer le temps,
ma vie s'en est allée
à livrer journellement
des batailles épuisantes.
Le combat continu...
accompagné d'illusion,
d'espérance
et d'ardeur
toujours si vivantes
et pourtant vaines.
Désormais,
je sais d'expérience
qu'on est toujours seul
dans le deuil et le malheur.
Ô, ne plus être!
La divinité seule
peut faire renaître une fleur
quand le temps l'a flétrie.
Je lève les yeux
et contemple
encore une dernière fois
le spectacle
déployé devant moi...
Je me sens transporter
dans un autre monde
où tout est plus doux.
Il fait si froid au lieu
qu'amour fuit.
Un soupir
accompagne mes pas
et dans le silence,
les heures me sonnent
un concert désolé.
Obsédantes,
elle se plaisent
à m'affliger.
.
- - - - - - - -
.
Oh, non essere più!
...
Dopo un dolce
autunno,
l'inverno è giunto
senz'avvertire.
Gli occhi chiusi,
la testa sulle braccia
ripiegate,
mi sento trascinata
in un turbinii
d'angoscia
e più che mai,
il sentimento del nulla
m'inghiottisce.
Incapace
di sopportare
più a lungo
il silenzio
e l'immobilità,
esco
per sfuggire
all'atmosfera
e alle ossessioni
morbose
che m'assillano.
Avvolta
in un caldo paltò,
vado là...
...dove s'aprono
orizzonti senza fini,
...dove la pace e il silenzio
sono quasi palpabili,
...dove sogno l'Eden.
Bouquets d'alberi
d’un verde scuro
sembrano quasi neri
sotto il cielo vespertino.
Senza che ne ho visto
passare il tempo,
la mia vita se ne è andata
a osteggiare giornalmente
delle battaglie estenuanti.
La lotta continua...
corredata d'illusione,
di speranza
e d'ardore
sempre così vive
e tuttavia vana.
Ormai,
so d' esperienza
che si è sempre solo
nel lutto e la disgrazia.
Oh, non essere più!
La divinità sola
può fare rinascere un fiore
quando il tempo l'ha sciupato.
Sollevo gli occhi
e contemplo un'ultima volta
lo spettacolo spiegato davanti a me...
Mi sento trasportare
in un altro mondo
dove tutto è più suave.
Fa così freddo nel luogo
dove l’amore fugge.
Un sospiro
accompagna i miei passi
e nel silenzio,
le ore mi suonano
un concerto desolante.
Ossessive,
amano
affliggermi.
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L'autore
Jeannine Gérard
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